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Tag - Expérimentations

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jeudi 13 novembre 2008

Un grand bol d'HDR

HDR, kézako ?

HDR est l'acronyme anglais de "High Dynamic Range", qu'on peut traduire par "Gamme dynamique étendue". Sous le terme de HDR, on regroupe l'ensemble des techniques qui permettent d'étendre la gamme tonale d'une image, c'est-à-dire l'écart atteignable, sans perdre de détails, au sein d'une même image, entre les plus hautes et le plus basses lumières.

Quiconque a fait une photo à contre-jour a déjà été confronté au problème : de visu, aucun problème ou presque : l'oeil humain est capable de percevoir à la fois les plus fins détails dans les parties sombres, sans rien perdre des parties claires. Sur une photographie, vous aurez, au choix, des ombres bouchées. Ou des hautes lumières brûlées. Ou tout simplement les deux.

Paris, le Pont des Arts et l'Institut, 29 janvier 2006.
Pentax *ist DL, 50mm, 200 ISO, 1/90s, 1/125s et 1/180s à F/22

Le même problème se pose dans les prises de vue à l'intérieur de pièces sombres éclairées par de petites ouvertures.

Pour gagner du détails dans les parties les plus sombres, vous devez surexposer (et donc bruler plus encore les parties lumineuses). Au contraire, pour voir les variations de tons des parties éclairées, il faut sous-exposer (et boucher les ombres).

Les capteurs numériques possèdent aujourd'hui encore une gamme tonale plus restreinte que les pellicules, situation qui va néanmoins en s'améliorant : les formats RAW des appareils d'aujourd'hui permettent de stocker les images en 12 bits par pixel (=4096 valeurs possibles), contre 8 bits (=256 valeurs) pour la génération précédente, ce qui laisse plus de latitude dans l'exposition.

Paris, le Pont d'Arcole et Notre-Dame, 29 janvier 2006.
Pentax *ist DL, 37mm, 200 ISO, 1/500s, 1/750s et 1/1000s à F/4.5

En attendant que les capteurs soient capables d'enregistrer toute l'étendue des tonalités perçues par l'oeil humain, il nous reste au moins une technique : la prise de vue multiple: prendre plusieurs photos de la même scène, à des expositions différentes : vive le bracketing automatique !

Il faut régler un paquet de problèmes : stabilité de l'appareil pendant la prise de vue, calage des vues, manipulation des logiciels de combinaisons (tone-mapping), etc. J'avais essayé à une époque reculée, mais sans grand succès. Et puis je m'y suis réintéressé, pas plus tard que ce soir en fait.


Paris, au bord de la Seine, 29 janvier 2006.
Pentax *ist DL, 18mm, 200 ISO, 1/250s, 1/350s et 1/500 à F/3.5

Et là, double surprise : il existe maintenant des sites consacrés au sujet (www.photo-hdr.com), des livres (HDR : Vers la maîtrise des contrastes extrêmes, de Morgan Freeman), et des tonnes d'exemples de photos prises en HDR. Et puis bien sûr, des outils, simples à utiliser, et qui font tout le boulot à votre place.

J'affectionne particulièrement LR/Enfuse, qui s'intègre très bien à Adobe Lightroom et permet d'effectuer l'alignement et le tone-mapping de plusieurs images à l'aide du projet Open-Source Enfuse.

A essayer, et à suivre...

Illustrations :

jeudi 29 mai 2008

Sténopé, niveau zéro de la photo ?

Tout le monde connait le sténopé.

Si, si, croyez-le ou non, mais "sténopé" est un nom savant pour une chose toute simple : un appareil photo fait d'un simple trou dans une boîte de conserve.

Le principe du sténopé est donc celui de la chambre noire : vous percez un récipient opaque d'un petit trou, vous placez un papier sensible à la lumière face au trou, et vous attendez : vous obtenez alors une photographie.

L'optique venant toujours au secours du photographe, il existe, même pour un objet aussi simple qu'un sténopé, une armada d'outils mathématiques permettant de savoir exactement comment faire le petit trou de manière à obtenir les meilleures photos possibles (au sens physique, bien sûr!). La fabrication d'un sténopé est donc à la portée de tout le monde... mais peut mener assez loin (>Galerie-photo.com) !

Le sténopé possède un certain nombre de propriétés intéressantes :

  • Le trou étant de très petite taille, il est comparable à un diaphragme extrèmement fermé (F/120 ou pire). Les temps de pose sont donc longs, voire très longs.
  • Conséquence de la très faible ouverture, la profondeur de champ peut être considérée comme infinie : toute l'image est au point.
  • L'épaisseur du matériau du trou implique l'existence d'un effet de flou inhérent au procédé et irréductible. L'image obtenue avec un sténopé subit un léger effet d'"enveloppé" : les dimensions de cet effet ne dépend que des propriétés du trou et de la distance focale; un petit capteur donnera donc une image plus floue qu'un grand capteur.

J'ai commencé par m'intéresser à l'adaptation d'un sténopé sur un reflex numérique. De nombreux problèmes sont rapidement apparus : L'effet d'enveloppé est très important; la grande profondeur de champ implique qu'on voit très bien les poussières déposées sur le capteur; enfin, la distance focale est au minimum d'une 40aine de millimètres (distance entre le capteur et la bayonette).

Je suis donc revenu au bon vieil argentique et je me suis lancé dans la fabrication d'un sténopé, sur la base d'un boitier Kodak Hawkeye des années 1920-1930:

  • Dimensions de l'image sur film : 6x9cm
  • Distance focale : 30mm (équivalent 35mm : 12mm)
  • Diamètre du trou : 0.21mm
  • Ouverture : F/150

Les photos présentées ci-contre sont celles de la fabrication du boitier. Pour la réalisation du sténopé proprement dit (la surface perforée), j'ai fait appel à Thierry Gonidec (>Sténocaméra) qui fait les choses de façon très professionnelle.


Boitier Kodak Hawkeye
Pentax K10D, 50mm, 400 ISO, 1/10s à F/1.4

Fabrication d'un sténopé
Pentax K10D, 21mm, 800 ISO, 1/15s à F/4

Sténopé monté
Pentax K10D, 36mm, 800 ISO, 1/8s à F/4

Après un certain nombre d'essais et de tatonnements, j'arrive enfin à tirer de cet attirail des photos intéressantes...


Les Millois, deux arbres au bord d'une route
Sténopé 30mm, Fuji Provia 100 ISO, ~5s à F/150

Il me reste le problème du cadrage : mon magnifique appareil ne dispose pas de viseur !

Illustrations: Fabrication d'un sténopé, Sténopés, Série n°7

lundi 30 octobre 2006

Cette eau qui nous file entre les doigts

L'eau est un sujet photographique délicat.
 
Parce qu'elle nous glisse entre les doigts. Parce qu'elle est toujours en mouvement.
Comment immortaliser l'impression que nous donne une eau courante ? Qu'elle soit calme, étale, et comment figer ses reflets changeants ?
 
Il y a deux semaines de cela, j'ai eu coup sur coup deux belles occasions de m'essayer à ce jeu; sur une série de jets d'eau du boulevard Richard-Lenoir, puis sur les cours d'eau du jardin Albert Kahn (jardin du Musée dont j'ai déjà parlé dans un post précédent).
J'en ai donc profité pour faire quelques essais.
 
De l'eau qui tombe
 
De beaux jets d'eau, bien droits, bien fins, avec une pression appréciable; un chuintement-sifflement monotone, couvrant presque les cris des enfants qui jouent dans le square... Comment rendre ce mouvement continu, répétitif, presque obsessionnel ? Cette enveloppe sonore qui brouille tout ?
 
Comment saturer le regard de la même manière, donner l'idée d'un mouvement d'eau aussi... permanent ? Le dosage est délicat : les jets d'eau occupent tout l'espace et noyent presque le sujet "réel" du cliché, celui que le regard tente de percevoir, derrière le rideau d'eau.
  Jets d'eau sur Richard-Lenoir (14 octobre 2006)
Jets d'eau sur Richard-Lenoir
14 octobre 2006

Pentax *ist DL, 138 mm
ISO200, 1/20s à F/9.5
 
De l'eau qui coule
 
Jardin Japonais du Musée Albert Kahn (15 octobre 2006)  

Le lendemain, je vais au musée Albert Kahn voir une magnifique exposition d'autochromes pris dans les pays du Maghreb entre 1910 et 1930. J'en profite aussi pour flaner dans le jardin qui entoure le musée... Un petit coin de paradis!

Un petit étang, duquel coule un ruisseau, traverse le jardin japonais. Là, l'eau s'écoule doucement et enrobe les cailloux d'une fine pellicule d'eau, comme un gel qui leur donne cet aspect satiné, humide et frais.

  Jardin Japonais du Musée Albert Kahn
15 octobre 2006

Pentax *ist DL, 29 mm
ISO200, 1/6s à F/22
 
De l'eau qui stagne
 

Du jardin japonais, on passe au jardin anglais en traversant un véritable petit village japonais : la légende prétend que les maisons y ont été apportées du Japon en pièces détachées...

Le jardin anglais est presque entièrement formé d'une pelouse tout-à-fait green, baignée d'un plan d'eau au flegme britannique : quelques feuilles mortes flottent à la dérive, portées par le vent qui strie le plan d'eau de très légères ondulations.

  Jardin Anglais du Musée Albert Kahn (15 octobre 2006)
Jardin Anglais du Musée Albert Kahn
15 octobre 2006

Pentax *ist DL, 180mm
ISO200, 1/20s à F/5.6
 
 
Illustrations :
Jets d'eau sur Richard-Lenoir (14 octobre 2006) Jardin Japonais du Musée Albert Kahn (15 octobre 2006) Jardin Anglais du Musée Albert Kahn (15 octobre 2006)

mardi 24 octobre 2006

Home-made Macro

Un jour où je flanais sur eBay, regardant à droite, à gauche, ce qui se faisait comme accessoires photo (et Dieu sait s'il s'en fait des verts et des pas mûrs), je suis tombé sur deux bidules un peu bizarres : d'une part, des bagues se vissant sur le porte filtre et permettant de mettre tête-bêche deux objectifs; d'autre part des tubes à placer entre le boitier et l'objectif (et permettant, donc, d'augmenter la longueur focale de l'objectif).
 
Intrigué, j'ai cherché à quoi ça pouvait bien servir, et il s'est avéré que, tout simplement, augmenter la longueur focale, ca permet d'avoir un grossissement plus important : donc, de faire de la macro. Je passe les détails techniques (c'est de l'optique et j'ai tout oublié depuis les concours), la distance minimale de mise au point, elle, est réduite pratiquement à néant.
  Tige de rose séchée (24 octobre 2006)
Tige de rose séchée
24 octobre 2006

Pentax *ist DL, 95mm + 50mm (Macro)
ISO200, 6s à F/27 + F/1.4
 
Je me suis donc armé de mon porte-monnaie numérique et j'ai importé des USA une magnifique bague en acier anodisé (quelques €, port compris), que j'ai montée entre un téléobjectif classique (50-200 mm F/3.5-5.6) monté sur l'appareil et un "caillou" de 50 mm à F/1.4, tout manuel : l'intérêt de cet objectif, dans le cas présent, outre sa très grande ouverture, étant que le diaphragme reste ouvert tout seul (et ça, c'est bien pratique quand dame nature ne vous a doté que de deux mains).
 
Le principe, une fois que vous avez monté vos deux objectifs tête-bêche sur le boitier, c'est de trouver la bonne focale et la bonne ouverture sur le premier objectif, la bonne distance au sujet et la bonne mise au point sur les deux objectifs. Ca fait beaucoup de paramètres, ca bouge beaucoup, et surtout, la profondeur de champ d'un tel dispositif est extrèmement faible. Quand vous vous éloignez du centre de l'objectif, la mise au point n'est plus bonne, et en plus, dès que la focale est un peu courte, ca vignette à mort.
  Pétales de rose séchée (24 octobre 2006)
Pétales de rose séchée
24 octobre 2006

Pentax *ist DL, 88mm + 50mm (Macro)
ISO1600, 1s à F/27 + F/1.4
 
On diminue donc l'ouverture sur le premier objectif (pour la profondeur de champ), on zoome au mieux (pour le vignettage), on éclaire un maximum. Si on est malin, on cale le tout et on utilise la télécommande (qu'on a trouvé sur eBay chez un vendeur chinois probablement installé en patagonie : des vertes et des pas mûres, je vous dis) : bref, on finit par faire des macro-natures mortes.
 
Et on est quand même bien content du résultat, parce que ca fait de très chouettes fonds d'écran!
  Trou de ver dans un chassis-presse (24 octobre 2006)
Trou de ver dans un chassis-presse
24 octobre 2006

Pentax *ist DL, 80mm + 50mm (Macro)
ISO200, 15s à F/27 + F/1.4
Illustrations :
Tige de rose séchée (24 octobre 2006) Pétales de rose séchée (24 octobre 2006) Trou de ver dans un chassis-presse (24 octobre 2006)

jeudi 19 octobre 2006

Numériser l'argentique ?

Dans la salle de bain (1984)
Dans la salle de bain
1984

Scan d'après pellicule n&b
 
Il y a presque un an de cela, dans une grande crise organisationnelle, j'avais entrepris de classer (i.e, mettre dans un classeur) de dater et d'annoter les pellicules des photos argentiques que j'ai prises depuis... et bien, depuis toujours.
 
Or, en ce temps-là, mon frère venait de se procurer (on trouve de tout sur eBay), en Allemagne et pour un prix défiant toute concurrence, un scanner de pellicules (un CanoScan FS4000US, pour ne pas le nommer). Exaspéré par la piètre qualité des scans effectués par la Fnac (pour ne pas la nommer non plus) et ne pouvant pas scanner avec un scanner à plat ses pellicules APS - ces petites boîtes protegeant trop bien leur contenu de toute agression extérieure! - il avait fini par prendre le problème (numériser ses pellicules argentiques, donc) à bras le corps. Et par acheter, donc, un scanner de pellicules et son chargeur APS.
 
Bref, me voilà donc à la croisée des chemins, avec un stock (une petite centaine) de pellicules argentiques, et tout le matériel nécessaire.
 
La numérisation, il faut le savoir, est une question de compromis.
 
Le premier d'entre eux se joue dès l'achat du scanner : d'un côté vous ne pourrez jamais dépasser les limites (résolution, profondeur de couleurs, finesse des réglages) imposées par le matériel, de l'autre, votre banquier ne vous laissera probablement pas non plus dépasser celles de votre compte en banque.
 
Le second compromis est un pari sur l'avenir : comment numériser les originaux pour ne pas avoir à recommencer le travail dans un ou même dans dix ans ? Quelle résolution utiliser ? A quelle profondeur de couleur ? Quelle format de fichier utiliser et quel niveau de compression, le cas échéant, pour le stockage ?
 
Si on est très ambitieux, et si on a du bon matériel, on scanne à pleine résolution (4000 dpi dans mon cas, ce qui donne des photos en 20 Mpix), avec la meilleure qualité possible (12 bits), et on enregistre le résultat en TIFF, que l'on ne compresse pas.
A ce train-là, chaque photo prend 120 Mo. Jusqu'ici, tout va bien. Mais les maths s'en mêlent et c'est là que ça se gâte : une pellicule prend presque 3 Go, et mon petit paquet de pellicules, 300 Go.
 
Mon compromis personnel consiste à ne pas en faire du point de vue technique : d'une part je numérise avec la meilleure qualité possible (cf. ci-dessus) une image archivable; d'autre part, je génère automatiquement une version en plus basse résolution et en Jpeg pour l'usage courant.
Par contre, le temps joue pour moi : je numérise petit à petit, à une vitesse si faible que les problèmes se règlent d'eux-même sans que j'aie à m'en inquiéter : il y a un an, je stockais les fichiers sur un disque de 80Go qui ne m'avait pas ruiné; aujourd'hui, elles sont sur un disque 4 fois plus gros qui ne m'a pas coûté plus cher...