HDR, kézako ?

HDR est l'acronyme anglais de "High Dynamic Range", qu'on peut traduire par "Gamme dynamique étendue". Sous le terme de HDR, on regroupe l'ensemble des techniques qui permettent d'étendre la gamme tonale d'une image, c'est-à-dire l'écart atteignable, sans perdre de détails, au sein d'une même image, entre les plus hautes et le plus basses lumières.

Quiconque a fait une photo à contre-jour a déjà été confronté au problème : de visu, aucun problème ou presque : l'oeil humain est capable de percevoir à la fois les plus fins détails dans les parties sombres, sans rien perdre des parties claires. Sur une photographie, vous aurez, au choix, des ombres bouchées. Ou des hautes lumières brûlées. Ou tout simplement les deux.

Paris, le Pont des Arts et l'Institut, 29 janvier 2006.
Pentax *ist DL, 50mm, 200 ISO, 1/90s, 1/125s et 1/180s à F/22

Le même problème se pose dans les prises de vue à l'intérieur de pièces sombres éclairées par de petites ouvertures.

Pour gagner du détails dans les parties les plus sombres, vous devez surexposer (et donc bruler plus encore les parties lumineuses). Au contraire, pour voir les variations de tons des parties éclairées, il faut sous-exposer (et boucher les ombres).

Les capteurs numériques possèdent aujourd'hui encore une gamme tonale plus restreinte que les pellicules, situation qui va néanmoins en s'améliorant : les formats RAW des appareils d'aujourd'hui permettent de stocker les images en 12 bits par pixel (=4096 valeurs possibles), contre 8 bits (=256 valeurs) pour la génération précédente, ce qui laisse plus de latitude dans l'exposition.

Paris, le Pont d'Arcole et Notre-Dame, 29 janvier 2006.
Pentax *ist DL, 37mm, 200 ISO, 1/500s, 1/750s et 1/1000s à F/4.5

En attendant que les capteurs soient capables d'enregistrer toute l'étendue des tonalités perçues par l'oeil humain, il nous reste au moins une technique : la prise de vue multiple: prendre plusieurs photos de la même scène, à des expositions différentes : vive le bracketing automatique !

Il faut régler un paquet de problèmes : stabilité de l'appareil pendant la prise de vue, calage des vues, manipulation des logiciels de combinaisons (tone-mapping), etc. J'avais essayé à une époque reculée, mais sans grand succès. Et puis je m'y suis réintéressé, pas plus tard que ce soir en fait.


Paris, au bord de la Seine, 29 janvier 2006.
Pentax *ist DL, 18mm, 200 ISO, 1/250s, 1/350s et 1/500 à F/3.5

Et là, double surprise : il existe maintenant des sites consacrés au sujet (www.photo-hdr.com), des livres (HDR : Vers la maîtrise des contrastes extrêmes, de Morgan Freeman), et des tonnes d'exemples de photos prises en HDR. Et puis bien sûr, des outils, simples à utiliser, et qui font tout le boulot à votre place.

J'affectionne particulièrement LR/Enfuse, qui s'intègre très bien à Adobe Lightroom et permet d'effectuer l'alignement et le tone-mapping de plusieurs images à l'aide du projet Open-Source Enfuse.

A essayer, et à suivre...

Illustrations :