Trois semaines déjà que les vacances sont terminées.
Trois semaines depuis mon retour de Bali.
Trois semaines que les souvenirs décantent, se distillent, cristallisent.
Et oui : Bali, c’est fini...
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Qu’en reste-t-il ? Les photos que j’y ai prises, bien sûr ; quelques regrets
de n’avoir pas su réussir pleinement certaines d’entre elles ; la satisfaction
d’avoir su s’abstenir aussi, parfois, parce que s’il arrive que l’émotion soit
encore palpable une fois capturée, certains moments ne peuvent que se vivre, et
pas se raconter.
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Temple de Batur, détail, 31 juillet
2008
Pentax K10D, 250mm, 140 ISO, 1/500s à F/8 |
Alors, Bali ? Les plages ? Le soleil ?
Alors, Bali...

Seminyak, la plage,
24 juillet 2008
Pentax K10D, 18mm,
560 ISO, 1/20s à F/5.6 |
Bali ? Oui, l’océan...
Les plages de Bali, les spots de surf, sont une chose ; la puissance des
vagues, leur violence lorsqu’elles vous frappent et vous laissent
hébété...
L’ambiance change lorsqu’au soir, la plage se peuple de petits groupes, que des
matches de football s’improvisent ; la palette des couleurs vire alors à
l’orange, les ombres gagnent du terrain, les contrastes s’accentuent.
A contrario, la barrière de corail, à Amed, c’est autre chose : plus simplement
une invitation à patauger en masque et tuba au milieu des poissons multicolores
et des étoiles de mer géantes et bleues.
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Alors, Bali ?
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Bali ? Les rizières !
Deux semaines de voyage, 10 jours de marche ; voilà qui donne le temps de
s’imprégner des paysages ; de la végétation luxuriante des forêts de palmiers
où l’on se fraie un chemin, où l’on cueille au passage quelque noix de coco,
quelque papaye, quelque fruit de la passion... Le temps aussi de traverser tant
de rizières, progressant en équilibre précaire – parfois un peu trop – tantôt
le long des canaux d’irrigation, tantôt entre deux parcelles... Rizières
étagées à flanc de collines, offrant à la vue un éventail complet et simultané
de la culture du riz, du semis à la récolte, patchwork inattendu pour qui est
habitué au cycle de nos saisons.
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Rizières à Tirtagangga, 5 août
2008
Pentax K10D, 130mm, 140 ISO, 1/500s à F/5.6 |
Alors, Bali ?

Le mont Agung vu du Batukaru,
27 juillet 2008
Pentax K10D, 110mm,
140 ISO, 1/250s à F/11 |
Bali ? Les volcans !
L’île est née des volcans, elle meurt un peu par eux dès qu’ils se
réveillent.
Première ascension ambitieuse dès les premiers jours, premières souffrances sur
le Batukaru. Au sommet, la récompense ; à nos pieds Bali s’étend, couverte de
collines et de montagnes, grêlée d’à-pics, dévorée par la végétation ; plus
loin, noyés dans un no man’s land de bleus entre la brume et le ciel, les
volcans de Lombok et de Java... pureté d’un instant qui s’évanouit à mesure que
le soleil se lève.
Le Batur ensuite, tellement grandiose que son nom se multiplie dans chaque
chose autour de lui : Batur la ville ; Batur le lac ; Batur le volcan, au
centre de sa caldeira comme de la scène d’un opéra.
Le Mont Agung enfin, volcan entre les volcans, le plus sacré de tous parce que
le plus haut : 3100m se terminant par un interminable chaos de rochers. Et tout
là-haut, nous, maîtres du monde régnant sur un océan de nuages.
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Alors, Bali ?
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Bali, les hommes !
Hospitalité et simplicité des Balinais ne sont pas une légende.
Comme à chaque voyage, l’accessibilité de ces gens que l’on croise au hasard du
chemin me trouble. Les barrières tombent d’un regard, d’un sourire, d’un mot
appris justement en prévision des rencontres : la curiosité l’emporte, d’un
côté comme de l’autre. Rires échangés autour d’une photo, contact établi de
part et d’autre d’un jeu d’échec...
Les gens sont beaux, de cette beauté naturelle et décontractée que l’on a du
mal à trouver encore sous nos latitudes ; de cette beauté qui colle à la peau,
s’inscrit dans le regard, simple patine, en fait, du temps passé à vivre.
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Petite fille au temple de Batur, 31
juillet 2008
Pentax K10D, 250mm, 140 ISO, 1/180s à F/8 |
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plan
Bali est tout cela : en somme, la reine d’un moment, la belle d’un bal. Et
lorsque, de retour à Paris, on se réveille, on en vient à se demander si les
bleus dont le ciel d’altitude colorait la brume matinale, si les bleus des
vagues aussi, n’étaient pas qu’un songe.
Les bleus d’un vague à l’âme.
Qu’en reste-t-il ? Des souvenirs déjà irréels : les photos, bien sûr ; les
images qui réapparaissent quand je ferme les yeux, aussi; et surtout, je crois,
certains regards que j’y ai croisé.
Bali, embellie éberluée.
Illustrations :
